| |
« Je suis capable de recommencer six fois la même planche pour l’améliorer. Pourtant, je n’ai pas du tout d’admiration pour mes dessins. Je suis foudroyant, spontané et mon trait est électrique et cristallisé. »
Alors pourquoi avoir choisi cette voie ?
« Mon père Jean, qui est un sculpteur très doué, recevait après guerre des amis peintres qui crevaient de faim et qui refaisaient le monde chaque soir parce qu’ils s’y sentaient très malheureux. Je me suis dit que je deviendrais comme eux si je me lançais dans l’imposture de l’art moderne.
J’avais conscience en même temps qu’Hergé, dont la découverte avait provoqué en moi une véritable illumination, ne serait jamais rattrapé, mais que l’âge d’or de la bande dessinée allait seulement arriver. »
Jean Pleyers commence alors à mettre à l’encre des dessins de Gérald Forton dans Pif et réalise ses premières BD, en particulier deux « belles histoires de l’Oncle Paul », pour Spirou, ainsi que 2000 planches adaptées de romans du Fleuve noir : « Ce furent quinze années de galères, 36 boulots et 36 misères : barman, cardeur en usine, capsuleur à la chaîne, tireur de ski nautique, figurant à l’opéra et au cinéma – j’ai même tourné avec Roger Moore ! – ». .................................................................................................................... 
|
|